Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 17:38

Lettre ouverte à M. Roland[1]

 

Sur les événements.

Aujourd’hui, nous apprenons que ce n’est pas vous qui auriez donné l'ordre de passer à l’assaut ce vendredi 28 janvier.

Quoi qu’il en soit, quelques phrases prises à la sauvette sur un tract trouvé dans notre infothèque ne peuvent servir à dédouaner les responsables d'une soixantaine de coups de matraque.

Posé entre un manuel sur les toilettes sèches et un recueil de recettes végétariennes, ce tract sera votre seul élément pour incriminer ceux qui n’ont pas cédé à la pression policière.

 

Avant que la police, munie d’un pied de biche, ne force la porte, nos tentatives de négociations (à l'extérieur) se sont finalement soldées par son intrusion brutale. Une fois à l'intérieur, les policiers ont négocié matraque à la main alors que nous n'étions pas armés. Ils ont confondu négociations et prise d’assaut.

Nous ne sommes donc pas d’accord avec le fait de scinder notre groupe en deux, d’un côté les pacifistes et de l’autre des casseurs agressifs. Nous avons été mis au pied du mur par la police.

 

Nous tenions à vous rappeler que ce n’est pas la première fois que de telles répressions se produisent sur le territoire d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Conjointement, en 2005, la démolition des maisons du squat « 111 »  (le 5 septembre) et l’ouverture de l’Esplanade (le 5 octobre) ont produit pareils événements. Tout deux avaient donné lieu à des coups de matraque. Nous ne nous attarderons pas sur un lien possible entre ces  événements…

 

Sur nos raisons.

C’est vrai, nous occupons des lieux vides sans demander l’autorisation. Mais avant tout, nous nous interrogeons sur les marges de manœuvre qu’ils nous restent pour Habiter[2] dignement notre ville. Ce que nous avons vu ces dernières années à Louvain-la-Neuve, c’est un urbanisme bulldozer mené par des intérêts essentiellement économiques saupoudrés de social et d‘écologie. Simultanément, ce poids lourd pousse les habitants à bas revenu (quel est pour vous un revenu moyen ?) hors de l’enceinte et érode le tissu associatif non institutionnel, celui là même dont vous parlez dans votre dernier ouvrage. Est ce qu’aujourd'hui votre engagement n’existerait plus qu'à travers des projets pharaoniques et en fonction du rayonnement qu'ils produisent. L'annonce du dernier projet de Wilhelm & Co continue de détruire l’investissement personnel d'habitants dans un projet de ville qui a résolument perdu ses intuitions premières. Nous ne faisons pas que juste ouvrir des portes jalousement fermées, nous nous demandons dans quel mur nous fonçons.

 

Sur la Culture.

La mise en place des derniers lieux culturels comme l'Aula Magna, la nouvelle ferme du Biéreau ou même le musée Hergé contribuent à l’amélioration du cadre de vie des « consommateurs de culture ».  Nous ne concevons pas la culture comme un produit consommable, car à travers cette manière de la penser, elle perd tout son goût et prend un caractère exceptionnel, dans son sens le plus restrictif.

 

Parallèlement à ces ouvertures, s'opère lentement un démantèlement des infrastructures qui nous tiennent à cœur (le squat du 111, la ferme du Rédimé, la Météo, Chez Zelle, l'asbl Corps et Logis et même le Terrain d’Aventure). En fait, en ouvrant de tels lieux nous répondons aux agressions d’un urbanisme destructeur ainsi qu'à notre besoin criant d'espaces « autonomes ». Nous sentant « agressés », vous comprendrez aisément que nous ne sommes jamais venus demander quoi que ce soit, ni à la commune, ni à l’U.C.L.

 

Bicéphale.

Ce Vendredi 28 janvier, vers 21h, devant les portes de l’ancienne poste, nous n’avons vu que des responsables de l'U.C.L. au côté de la police. Est-ce sous leur influence que l'incident est arrivé ? Était-ce une tentative d'intimidation d'un propriétaire ?

La gestion de Louvain-la-Neuve nous semble obscure. Les conflits d’intérêts entre l’U.C.L. et la Commune, connus de tous, influencent beaucoup trop notre quotidien de résident. Cet élément est central dans notre réflexion sur L.L.N.. 

Qui dirige Louvain-la-Neuve ? Une bête à deux têtes ? La première nous lance des « noms d'oiseaux », la deuxième nous menace de sanctions pénales.

 

Alors que l’on vante Louvain-la-Neuve pour son pluralisme, sa citoyenneté et sa participation, nous étouffons. Nous avons utilisé l’action directe et de désobéissance civile pour arriver à nos fins. L'histoire regorge d'exemples de résistance face à des situations forcenées. Nous en sommes une nouvelle émanation tout comme l’ont été par exemple le journal « El Boutroule[3] »,« le balais libéré[4] » ou encore aujourd’hui « le quartier de la Baraque ».

 

Finalement

C'est dans ce contexte que nous avons occupé les bâtiment de la météo et de l'ancienne poste.

 

Nous sommes mobiles et souples

Nous demandons des espaces de créations et de diffusions adaptés

Nous sommes demandeurs de rencontrer David da Camara.

 

Le collectif Météo.



[1]           Ceci est une réponse publique à la lettre de M. Roland sur les événements du 28 Janvier.

[2]           Habiter ce n’est pas seulement une notion statique liée à un lieu privé, c’est aussi une notion dynamique qui nous amène en rue, en mouvement, d’un endroit à un autre.

[3]           Journal contestataire sur Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1972.

[4]           Lutte autogérée des femmes du service de nettoyage de l'U.C.L. dans les années 70.

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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 17:32

« Répression violente lors de l’ouverture

d’un lieu culturel autogéré à Louvain-la-Neuve » ?

La réponse de Jean-Luc Roland, bourgmestre

 

 

Récemment, un tract dénonçant, je cite : « une répression violente lors de l’ouverture d’un lieu culturel autogéré à Louvain-la-Neuve » a été diffusé au sein d’Ecolo et ailleurs. Cela vous a sûrement étonné, peut-être scandalisé.

 

Pour ma part, j’ai été avisé de ces faits par la police vers 23h00 le vendredi 28 janvier dernier. A ce moment, le groupe qui avait investi une salle appartenant à l’UCL venait d’en être expulsé. Et la police me confirmait qu’elle avait dû utiliser les grands moyens.

 

Depuis que je suis bourgmestre, c’est la première fois que de tels affrontements entre des manifestants et la police se produisent sur le territoire communal. Traditionnellement à Ottignies-Louvain-la-Neuve, la culture policière est faite de dialogue et de prévention, parfois de fermeté (quand il faut fermer un débit de boisson vers 3h00 du matin alors que tout le monde y est complètement bourré et qu’on frôle une bagarre générale, par exemple). Sortir les matraques, utiliser les gaz : c’est une première.

 

Qu’est-ce qui peut expliquer, voire justifier, une telle extrémité si éloignée de la culture policière à Ottignies-Louvain-la-Neuve ?

 

La police me fait part d’un groupe d’une soixantaine de personnes qui occupe l’ancienne poste, propriété de l’UCL, actuellement libre, mais en rénovation pour accueillir une nouvelle salle d’animations pour les étudiants. Cette nouvelle salle a été demandée par la Ville pour apporter un élément de réponse au surnombre des lieux actuels d’animations.

 

Les services de garde de l’UCL constatent l’occupation des lieux à peu près immédiatement et demandent l’intervention de la police. Dès qu’elle arrive sur les lieux, elle demande à rencontrer un ou des responsables. A partir de ce moment-là, les choses s’enveniment. La police me précisera, dans son compte-rendu, que le groupe se compose de deux types d’occupants. En majorité des personnes non-violentes qui occupent paisiblement le lieu, et un autre groupe, plus restreint, délibérément agressif et violent. Quelques tracts récupérés sur place semblent témoigner de cette autre réalité, dont un qui commence par « Si nous cassons les banques, c’est que nous avons reconnu l’argent comme cause centrale de tous nos malheurs » et qui se termine par « Si nous attaquons la salope policière, ce n’est pas pour la faire sortir des facultés mais pour la faire sortir de notre vie. Le spectacle a voulu nous voir redoutables, nous voulons être pires ».

 

Une rhétorique qui n’a pas dû faciliter le premier contact policier cherchant à rencontrer un responsable. Le chef de corps m’a immédiatement fait part de son regret d’avoir dû intervenir de cette manière, mais me certifie qu’il a fallu réagir à des agressions sur les policiers présents. Si des dérapages de la police devaient être établis, il est clair que je les sanctionnerais, mais à ce stade, je n’ai aucun élément pour remettre en cause la version du chef de corps. Notre police est souvent confrontée à des situations difficiles, comme les fins de soirées arrosées. Elle a une grande expérience d’interventions non violentes dans ces contextes.

 

Dans l’état actuel des choses, le collectif qui dit revendiquer un lieu pour de la création et de la diffusion culturelle n’a jamais adressé la moindre demande à la Ville.

 

Il y a quelques mois, il semble que ce soit plus ou moins le même groupe qui avait investi un autre local de l’UCL. Appelé sur place, j’avais rencontré les occupants. Leur demande était de disposer de locaux pour pouvoir s’exprimer sur le plan culturel. Je leur avais répondu que de nombreux lieux culturels existent sur le territoire communal et que leur façon de procéder me semblait pour le moins maladroite dans la mesure où ils n’avaient jamais interpellé la Ville auparavant pour obtenir un tel lieu. Je leur avais dès lors clairement dit que j’étais prêt à les rencontrer pour prendre connaissance de leur demande, mais à la condition expresse qu’ils libèrent préalablement les lieux occupés.

 

Sur ce, le groupe a choisi de poursuivre l’occupation (mais sera contraint à quitter suite à un jugement sollicité par l’UCL) et d’assigner la Ville en vue de l’obliger à lui octroyer un lieu d’expression à titre gratuit, et ce sur base de l’article 23 de la Constitution.

 

C’est peu de dire que j’ai modérément apprécié cette attitude qui consiste à choisir l’affrontement et à attaquer avant d’avoir adressé une quelconque demande et avant toute discussion.

 

De nombreux lieux d’expression culturelle existent sur la ville et lorsque nous sommes sollicités par des associations ou des groupes divers, nous essayons, autant que faire se peut, d’y répondre au mieux ; et cela dans la mesure où nous souhaitons favoriser la plus grande diversité de modes d’expressions culturelles sur le territoire communal, y compris les expressions émergentes et alternatives. Malheureusement, à ce jour, nous n’avons toujours aucune demande précise du groupe. Uniquement des tentatives d’occupation de locaux en rénovation et des tracts vengeurs

 

JLR

7 février 2011

 

 

 

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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 17:27

Depuis 1998, le changement de politique d’aménagement du territoire nous en a fait baver.


Une forme de nettoyage ethnique, de type social, s’opère dans le Brabant Wallon et spécialement à Louvain-la-Neuve. Beaucoup de jeunes nés à Louvain-la-Neuve doivent partir en laissant la place à ceux qui ont les moyens de payer le coût de la vie néo-louvanesque. Habiter, c’est aussi rencontrer et créer dans la cité. Même si M. l’échevin de la Culture nous traite d’ignares sur cette question, nous persistons à penser qu’il y a un manque crucial de lieux à destination de la création (ateliers et salle d’expo-concert-performance).


La maison des jeunes va renaître. Nous l’espérons car nous avons grandi à travers elle et son apprentissage à l’autogestion. Nous trouvons qu’il faut la laisser à disposition des plus jeunes qui ont besoin d’un lieu de découvertes.


Les écuries de la ferme du Biéreau ne sont plus accessibles à l’a.s.b.l. Corps et Logis ainsi qu’aux habitants de Louvain-la-neuve pour des raisons de sécurité. Celles-ci servent la commune pour faire pression sur le collectif d’habitants et leur faire signer un contrat qui les affaiblit. Il semble donc évident que la prochaine rénovation des Ecuries sera la mise à mort de ce projet.


Le squatt du 111, expérience douloureuse pour tous, en reste néanmoins enrichissante. Certains dirigeants de l’U.C.L. et de la Commune ainsi que leur administration se dissimulent encore derrière cet accident pour dévaloriser notre action. Nous trouvons la méthode périmée d’autant que nous avons revu nos copies. Mais notre besoin de continuer nos créations, productions et diffusions culturelles nous amènent à continuer, de manière déterminée, à rechercher des espaces.

 
Le Cinéma avec ses 13 salles, fermées ou ouvertes, ainsi que sa voisine l’Aula Magna nous parlent sur le type d’infrastructure culturelle sensiblement mégalo et finalement sur la manière de penser Louvain-la-Neuve qui rend le ticket d’entrée fort cher. Nous ne parlerons pas du Centre Commercial ou de l’« éco-quartier » du futur « Courbe voie ». Face à cette culture de synthèse, nous prônons une culture organique et noninstituée.
Nous n’avons pas de lieu et donc nous les prenons. La météo a produit la preuve évidente de cette
nécessité d’un lieu. Nous en sommes partis. Nous avons ouvert la poste et avons été jeté manu militari avec une violence rarement égalée sur le site. Visiblement, on lâche la bride à la flicaille.

 

 

 

Résumédesévènementsdecevendredi28janvier:

 

19h. Nous rentrons dans les locaux de l’ancienne poste Place des Sciences. Rapidement un groupe de personnes y installe une cuisine, d’autres un bar, une sono, une infothèque. Nous nous sentons vite chez nous et y installons une charmante ambiance.


20h. Un vigile de l’U.C.L. constate notre présence et appelle ses collègues et la police,…

L’un d’entre nous sort pour leur expliquer nos intentions, en vain ; nous connaissons notre bonne ville, le dialogue est impossible et l’expulsion imminente.

Les policiers se rassemblent devant le bâtiment, matraque à la main et casque vissé sur la tête. Le ton est lancé mais la bonne hu-meur est toujours un peu là. Les enfants et certains parents quittent la poste.

21h. Le nombre de policiers augmente. Ils encerclent le bâtiment bloquant toutes les issues.

21h30. La police casse une vitre puis une porte et entre de force. (Qui donne ce genre d’autorisation, le bourgmestre?)

Le commissaire Lagrange rentre avec sept de ses hommes pour nous sommer de discuter avec un responsable(?) , matraque à une main et lacrymo dans l’autre tout en poussant et bousculant le groupe.

La discussion s’envenime, les coups de matraques pleuvent, nous nous opposons collectivement à leur charge et finissons par les repousser hors du bâtiment.

22h. La police fait fortement usage de gaz lacrymogènes. Le gaz envahit tout le bâtiment, nous sommes obligés de sortir par les portes de l’étage inférieur et nous retrouvons face à d’autres policiers.

Le matraquage et gazage se déroule sous l’œil bienveillant de responsables de l’U.C.L. : Dominique Opfergelt (administrateur général) et Alexandre Bauthier ( responsable de la sécurité des biens et des personnes).

22h30. Nous sommes tous dehors. Plusieurs membres du groupe ont été frappés par la police et sont blessés. Certains ont été frappés à l’intérieur du bâtiment, d’autres alors qu’ils étaient déjà dehors. Certains policiers sont prêts à nous frapper pour n’importe quelle raison. D’autres, repus de violence satisfaite ricanent à l’écart. Une personne est arrêtée car elle crie fortement sur la police, elle est jetée violemment au sol.

23h. Nous formons un petit groupe sur la place des sciences. La police revient vers nous. Suite à une discussion avec le commissaire, l’un des nôtres est arrêté agressivement sans aucun motif. Nous disloquons notre groupe et nous rassemblons ailleurs pour faire le point, quatre personnes à l’hôpital, deux au poste, notre détermination est toujours intacte.

Nous sommes ouverts à toutes propositions d’espaces vides à occuper.

 

Par collectifmeteo
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